Référence
Épisodes Clés
Les cinq moments les plus importants de l'Odyssée
Le Cyclope Polyphème (Chant IX)
Ulysse et douze de ses hommes entrent dans la caverne d'un Cyclope géant (fils de Poséidon). Polyphème les emprisonne et mange deux hommes par repas. Ulysse ne peut pas tuer le Cyclope endormi car il serait incapable de rouler la pierre de l'entrée. Son plan en plusieurs étapes : enivrer Polyphème avec du vin fort, lui crever l'œil avec un pieu brûlé, se faire appeler « Personne » (pour que le Cyclope hurle « Personne m'a crevé l'œil » à ses voisins), puis s'échapper caché sous le ventre des moutons. C'est la démonstration la plus pure de la mètis d'Ulysse — l'intelligence créant une solution là où la force est impossible. Mais Ulysse commet ensuite l'erreur d'orgueil de révéler son vrai nom, donnant à Polyphème les moyens de prier son père Poséidon de le punir.
La Descente aux Enfers — Nekyia (Chant XI)
Sur les instructions de Circé, Ulysse navigue jusqu'au bord du monde et évoque les morts avec du sang versé dans une tranchée. Le devin Tirésias lui prédit les obstacles à venir (les bœufs d'Hélios) et la façon de mourir en paix. Ulysse parle avec sa mère (morte de chagrin en son absence), qu'il tente d'embrasser mais ne peut toucher — son ombre lui échappe trois fois. Il parle avec Agamemnon (tué traîtreusement à son retour par sa femme) et Achille (qui regrette d'être mort et préférerait être le dernier des serfs vivants plutôt que roi des morts). Ce sont deux modèles négatifs de retour ou de mort — qu'Ulysse doit éviter. L'épisode est la source de la tradition du katabasis (la descente aux Enfers) qui traverse toute la littérature occidentale, de Virgile à Dante.
Les Sirènes (Chant XII)
Les Sirènes (dans l'Odyssée, des êtres à moitié oiseaux, pas des sirènes poissons) promettent la connaissance de tout ce qui s'est passé dans la guerre de Troie et sur la terre entière. Leur chant n'est pas un simple attrait érotique — c'est la promesse de la sagesse universelle. Ceux qui les écoutent librement ne repartent jamais : leurs os blanchissent sur le rivage. Ulysse fait boucher les oreilles de ses hommes avec de la cire et se fait attacher au mât — il est le seul homme à entendre les Sirènes et à survivre. La scène est une image de la maîtrise de soi : Ulysse désire entendre (il ne se bouche pas les oreilles), mais il a eu la sagesse de se rendre physiquement incapable d'obéir à ce désir.
Le Concours de l'Arc et le Massacre (Chants XXI-XXII)
Pénélope annonce qu'elle épousera celui qui bandera l'arc d'Ulysse et tirera une flèche dans l'alignement de douze haches. Aucun prétendant n'y parvient. Ulysse (toujours déguisé en mendiant) demande à essayer. Malgré les protestations des prétendants, il bande l'arc avec aisance et tire la flèche. Puis il retourne l'arc vers Antinoüs, le plus arrogant des prétendants, et le massacre commence. C'est l'un des climax les plus violents de la littérature antique — et l'un des plus longtemps retardés. La satisfaction qu'il procure est à la hauteur des vingt chants de patience qui l'ont précédé.
La Reconnaissance par Pénélope (Chant XXIII)
Après le massacre, Pénélope ne reconnaît pas encore Ulysse. Euryclée la prévient — Pénélope reste sceptique. Elle teste Ulysse avec un piège : elle demande qu'on déplace le lit conjugal dans une autre pièce. Ulysse explose — ce lit ne peut pas être déplacé, il l'a lui-même taillé dans un olivier vivant qui constitue encore l'un de ses pieds. Seul Ulysse peut connaître ce secret. C'est cette preuve que Pénélope attendait — non pas la cicatrice (qui pouvait être imitée), mais une connaissance intime que seul Ulysse peut avoir. Les retrouvailles qui suivent sont parmi les plus émouvantes de toute la littérature grecque.
Pour situer ces épisodes dans le poème complet : Synopsis chant par chant. Pour les lieux géographiques : Carte du voyage.