Section 10
Après l'Odyssée
Les grands textes de l'Antiquité qui prolongent le monde homérique
Si vous avez terminé l'Odyssée et cherchez quoi lire ensuite, voici trois textes antiques qui prolongent directement le monde d'Homère — et qui forment avec lui le canon fondamental de la littérature occidentale.
L'Iliade — Homère
Le poème jumeau de l'Odyssée, qui raconte une cinquantaine de jours dans la dixième année de la Guerre de Troie. Là où l'Odyssée est un récit d'aventures et de retour, l'Iliade est une méditation sur la colère, la gloire et la mort. Son protagoniste n'est pas Ulysse mais Achille — le héros qui choisit la gloire brève contre la longue vie. Les deux poèmes se lisent bien séparément, mais ensemble ils se complètent : l'Iliade montre ce qu'Ulysse fuit (la mort glorieuse sur le champ de bataille), l'Odyssée montre ce qu'il cherche (le retour). Pour les traductions françaises recommandées, consultez readingtheiliad.com.
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L'Énéide — Virgile
L'épopée fondatrice de Rome, écrite au Ier siècle avant notre ère. Virgile a composé l'Énéide en dialogue direct avec Homère : les six premiers livres imitent l'Odyssée (Énée navigue de Troie en Italie), les six suivants imitent l'Iliade (la guerre contre les peuples latins). Son héros Énée fuit Troie en flammes et fonde la lignée qui donnera naissance à Rome. C'est à la fois un hommage à Homère et une réécriture politique : Virgile transforme le héros grec individualiste en héros romain qui subordonne sa volonté personnelle au destin de sa cité. La comparaison entre Ulysse et Énée est l'une des plus fertiles de toute la littérature comparée.
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Les Métamorphoses — Ovide
Quinze livres de mythes grecs et romains reliés par le thème de la transformation — des origines du monde jusqu'à la déification de Jules César. Ovide est le grand transmetteur : les histoires de Circé, de Calypso, de Polyphème, des Sirènes, toutes les figures de l'Odyssée traversent ses Métamorphoses sous des éclairages nouveaux. Sa version de Circé (Livre XIV) est plus psychologique qu'Homère ; sa version de Polyphème (Livre XIII) est presque comique. Pour comprendre comment la mythologie homérique a été reçue et transformée par la Rome antique, c'est la lecture essentielle. La traduction de Marie Cosnay est la plus fraîche et la plus littéraire de la décennie.
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